Le bon lait bio est arrivé à Sommevoire, Haute-Marne

Depuis la fin du mois de juillet, les vaches de Laurent Cartier et ses associés Roger Sicret et François Driat se sont vues décerner le label Agriculture Biologique (AB). Ils inscrivent ainsi le village de Sommevoire situé au cœur de la haute Marne dans le club restreint des producteurs de lait de vache biologique. Leur passage de l’agriculture conventionnelle au bio suscite intérêt et scepticisme de la part des fermiers de ce village.

C’est la fin de la journée. Laurent Cartier agriculteur depuis 30 ans enfile un tablier imperméable de couleur verte pour la traite du soir. Sur la centaine de bêtes qu’il possède, une quarantaine sont des vaches laitières. Ce sont Prim’Holstein, une race d’origine hollandaise.  La robe teinte de noire et de blanc, des grands yeux ronds, comme on en voit souvent sur l’emballage des produits laitiers. Les mamelles sont gonflées, certains trayons pissent déjà du lait .Mais pas n’importe lequel : du lait Bio ! Laurent Cartier explique :

« La première condition pour que lait soit labellisé bio, il faut que les bêtes se nourrissent essentiellement de produits naturels . Ils mangent essentiellement de l’herbe lorsque c’est la saison ; ajouté à  de la paille. Ils mangent du foin de notre ferme pour la partie Bio. »

Pour  nourrir ces colosses de plus d’une demi tonne qui avalent près de 20 kilos de nourriture par jour, Laurent Cartier et ses deux associés ont d’abord dû convertir leurs cultures fourragères en agriculture biologique. C’est en 2000 que Laurent Cartier et ses associés ont entrepris cette conversion. Aujourd’hui sur les 200 hectare de leur ferme, 140 hectares sont labellisés « bio ». Une grande partie sert à nourrir les vaches.

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Obtenir le label bio n’est pas une sinécure

Les  vaches sont conduites vers la salle de traite. Deux groupes de cinq sont introduits à dans des quais séparés par une fosse. Les trayeuses sont mises en marche. Un ventilateur fixé au plafond d’apparence anodine est un élément qui n’est pas sans utilité pour la production de lait bio comme l’explique Laurent :

« Le ventilateur, c’est pour les mouches, nous n’avons pas le droit d’utiliser d’insecticides. Tout doit être d’origine naturelle même pour les soigner nous devons utiliser des produits naturels. L’utilisation des antibiotiques par exemple est très limitée. »

Laurent a lancé la procédure de certification voilà plus de deux ans. L’agence de certification ECOCERT n’a relevé qu’une seule anomalie pour l’obtention du label : le taureau de la ferme ne sort jamais à l’air libre. « Pour des raisons de sécurité » selon Laurent qui a malgré tout pu obtenir la précieuse autorisation.

Plus de 750 litres de lait produit par jour

Chacune des vaches de Laurent produit en moyenne moins de vingt litres de lait par jour. Elles produisent moins de lait qu’une vache conventionnelle et leur lait coûte plus cher pour compenser cette différence. Laurent précise :

« Une différence de 100 euro comparée au lait standard, mille litres de lait bio sont achetés 450 euros chez le producteur. »

Laurent reçoit également l’aide de l’Union Européenne pour encourager une agriculture respectueuse de l’environnement mais aussi faire face aux cours mondiaux qui ont connus des baisses significatives ces dernières années :

« Il y a deux types aide de l’U.E, une pour tous les agriculteurs et une aide spécialement accordée aux agricultures bio. Avec ces deux aides (car toute ma ferme n’est pas bio), je reçois 60 000 euros par an. Dans cinq ans, cette aide sera baissée de moitié. »

Laurent ajoute :

« Mais le choix de l’agriculture bio n’est pas motivé par l’argent. C’est davantage une question de conviction. Et le jour où notre ferme a obtenue le certificat bio, j’ai éprouvé une joie comme jamais je n’en ai eue auparavant. C’est ce sentiment de sentir que je participe à la  préservation de l’environnement et que je contribue à moins polluer les nappes phréatiques. »

La question de l’attribution de l’aide aux agriculteurs bio dans le cadre des reformes de la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC) de 2014 -2020 sera suivie avec intérêt par Laurent Cartier et ses associés.

Yahya Ali.

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